
Le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana ainsi que la présidence française ont exprimé leur préoccupation et demandent de plus amples informations après le raid héliporté américain contre un village syrien frontalier de l'Irak qui aurait fait huit morts dimanche. A Bagdad, le gouvernement irakien critique lui aussi l'opération censée viser des insurgés irakiens basés en Syrie, ce que dément Damas.
Damas en appelle à l'ONU pour établir la responsabilité des Etats-Unis dans une violation de sa souveraineté territoriale, une agression terroriste selon Damas qui promet de « défendre son territoire en cas de récidive ». Dans l'immédiat, la fermeture de l'école et du centre culturel américains a surtout valeur de symbole.
Pour la Syrie, l'incursion militaire américaine est un signal négatif à l'endroit de pays comme la France qui ont misé sur la normalisation de leurs relations avec Damas. Le raid américain était censé viser une cellule d'insurgés irakiens basés en Syrie, un pays avec lequel les Etats-Unis ne sont pas en guerre. Il répondrait à une nouvelle conception du droit de suite récemment théorisé par George Bush comme un droit de légitime défense. Il fait penser en tout cas aux dernières frappes américaines dans les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan.
Pour sa part, le gouvernement irakien a commencé dimanche par applaudir l'opération américaine avant de demander à Washington de ne pas récidiver. Il lui reproche même aujourd'hui d'avoir utilisé le territoire irakien pour lancer une attaque contre un pays voisin. Il est vrai que Bagdad et Washington peinent ces jours-ci à s'entendre sur la présence militaire américaine en Irak au terme du mandat onusien de décembre
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